Les pays producteurs de pétrole
Les pays producteurs de pétrole sont une vingtaine à assurer l'essentiel des quelque 100 millions de barils produits chaque jour dans le monde. Les États-Unis sont premiers depuis 2018, devant l'Arabie saoudite et la Russie ; à eux trois, ils fournissent plus de 40 % du pétrole brut. La France n'en produit presque pas et importe la quasi-totalité de ce qu'elle consomme.
Mis à jour le 9 octobre 2026 · Dossier Le marché du pétrole
Le classement des producteurs de pétrole brut
Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur pour 2024, en millions de barils par jour (Mb/j) de pétrole brut et de condensats, d'après les statistiques de l'EIA et de l'Energy Institute. Les classements qui incluent les liquides de gaz naturel et les biocarburants donnent des totaux plus élevés (environ 22 Mb/j pour les États-Unis) sans changer l'ordre des premiers.
| Rang | Pays | Brut, Mb/j (ordre de grandeur 2024) | Remarque |
| 1 | États-Unis | ≈ 13,2 | Record historique ; schiste du bassin permien |
| 2 | Russie | ≈ 9,5 | Sous sanctions et plafond de prix depuis 2022 ; exportations réorientées vers l'Asie |
| 3 | Arabie saoudite | ≈ 9,0 | Capacité de 12 Mb/j ; production volontairement réduite depuis 2023 |
| 4 | Canada | ≈ 5,0 | Sables bitumineux de l'Alberta ; exporte presque tout vers les États-Unis |
| 5 | Irak | ≈ 4,3 | Deuxième producteur de l'OPEP |
| 6 | Chine | ≈ 4,2 | Mais premier importateur mondial |
| 7 | Iran | ≈ 3,5 | Sous sanctions américaines |
| 8 | Brésil | ≈ 3,5 | Eaux profondes du pré-sel ; forte croissance |
| 9 | Émirats arabes unis | ≈ 3,3 | Capacité en hausse vers 5 Mb/j |
| 10 | Koweït | ≈ 2,5 | |
| 11-15 | Mexique, Norvège, Kazakhstan, Nigeria, Qatar | 1,3 à 2,0 chacun | La Norvège est le premier producteur d'Europe de l'Ouest |
Trois enseignements. D'abord, la concentration : les dix premiers producteurs fournissent environ les deux tiers du brut mondial. Ensuite, la montée des Amériques : États-Unis, Canada, Brésil et Guyana ont assuré l'essentiel de la croissance de l'offre depuis 2015, hors du contrôle de l'OPEP+. Enfin, le décalage entre production et réserves : le Venezuela, premières réserves mondiales, produit moins d'un million de barils par jour ; les États-Unis, avec moins de 4 % des réserves, produisent plus de 13 % du brut. La page réserves de pétrole explique ce paradoxe.
Producteurs, exportateurs, consommateurs
Produire n'est pas exporter. Les États-Unis et la Chine consomment la plus grande partie de ce qu'ils extraient ; les premiers exportateurs nets de brut sont l'Arabie saoudite (plus de 6 Mb/j), la Russie, l'Irak, le Canada, les Émirats et le Koweït. Côté demande, les États-Unis restent le premier consommateur mondial (environ 20 Mb/j de produits pétroliers, soit un cinquième du total), devant la Chine (environ 16,5 Mb/j), l'Inde (plus de 5 Mb/j, la demande qui croît le plus vite), le Japon et l'Arabie saoudite. L'Union européenne consomme autour de 10 Mb/j et importe plus de 90 % de son brut.
Les États-Unis, premier producteur depuis 2018
La production américaine de brut avait culminé en 1970 à 9,6 Mb/j puis décliné jusqu'à 5 Mb/j en 2008. La fracturation hydraulique et le forage horizontal l'ont fait remonter à 13 Mb/j en 2019 et à un record de plus de 13,2 Mb/j en 2024, le bassin permien du Texas et du Nouveau-Mexique fournissant à lui seul près de la moitié du total. Les États-Unis sont devenus exportateurs nets de produits pétroliers en 2020, tout en restant importateurs de bruts lourds pour leurs raffineries. La page pétrole de schiste détaille cette révolution et ses limites.
L'OPEP et l'OPEP+ dans le total
Les douze membres de l'OPEP produisent environ 27 à 30 Mb/j de brut selon les coupes en vigueur, soit un peu moins de 40 % du total mondial. Avec ses alliés (Russie, Kazakhstan, Mexique, Oman…), l'OPEP+ approche la moitié. Cette part a reculé depuis 2016 au profit des Amériques, mais le cartel conserve l'essentiel des capacités de production inutilisées, donc la capacité d'agir sur le prix à court terme. Voir la page OPEP.
Et la France ?
La France produit moins de 0,02 Mb/j de pétrole brut, soit environ 1 % de sa consommation : quelques centaines de milliers de tonnes par an, extraites dans le bassin parisien (Seine-et-Marne, Marne) et en Aquitaine (Lacq, Parentis). La loi du 30 décembre 2017 interdit tout nouveau permis d'exploration et programme la fin de l'exploitation des hydrocarbures sur le territoire en 2040. Le pays consomme autour de 1,4 Mb/j de produits pétroliers, importés sous forme de brut (raffiné en France, voir la page raffinage) ou de produits finis. Ses principaux fournisseurs de brut ont changé depuis 2022 : la Russie, longtemps parmi les premiers, a été remplacée par les États-Unis, le Kazakhstan, la Norvège, l'Arabie saoudite, le Nigeria et l'Algérie. L'approvisionnement français est protégé par des stocks stratégiques équivalant à environ trois mois de consommation (voir réserves).
Ce que le classement dit du prix
Le prix du baril ne dépend pas du nombre de producteurs mais de ceux qui peuvent faire varier leur production vite : l'Arabie saoudite et les Émirats avec leurs capacités inutilisées, les États-Unis avec la réactivité du schiste. Les autres suivent des cycles d'investissement de cinq à dix ans. C'est pourquoi les décisions de l'OPEP+ et les stocks américains du mercredi comptent plus pour le cours du jour que la production du Brésil ou de la Norvège, pourtant considérable. Le dossier marché du pétrole relie ces acteurs à la formation du prix.