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Qu'est-ce que le pétrole ? D'où il vient, ce qu'il contient, à quoi il sert

Qu'est-ce que le pétrole ? Un mélange liquide d'hydrocarbures formé par la transformation, pendant des millions d'années, de micro-organismes marins enfouis dans les sédiments. Il fournit encore près d'un tiers de l'énergie mondiale et presque tous les carburants des transports. Comprendre sa formation, sa composition et ses qualités éclaire tout le reste : pourquoi un baril ne vaut pas un autre, ce qu'on en tire et pourquoi son prix fait la une.

Mis à jour le 9 octobre 2026 · Page de dossier

D'où vient le pétrole

Le pétrole est d'origine biologique. Dans les mers et lacs d'il y a 50 à 400 millions d'années, le plancton mort s'est accumulé au fond, dans des eaux pauvres en oxygène qui ont empêché sa décomposition complète. Enfoui sous des kilomètres de sédiments, chauffé et comprimé, il s'est transformé en kérogène, puis, entre 60 et 120 °C (la « fenêtre à huile », vers 2 000 à 4 000 mètres de profondeur), en pétrole ; plus profond et plus chaud, en gaz. Ce pétrole, plus léger que l'eau, migre ensuite à travers les roches poreuses jusqu'à rencontrer une roche imperméable qui le piège : c'est le gisement, une roche-réservoir (grès, calcaire) imprégnée de pétrole sous un couvercle d'argile ou de sel, et non une « poche » ou un lac souterrain. Quand il reste dans la roche-mère compacte, on parle de pétrole de schiste.

Ce qu'il contient

Le pétrole brut est un mélange de milliers de molécules, à 95 % des hydrocarbures (carbone et hydrogène) : alcanes ou paraffines à chaîne droite ou ramifiée, cycloalcanes (naphtènes) et aromatiques (benzène, toluène…). Les 5 % restants sont des composés de soufre (de 0,1 à plus de 5 %), d'azote, d'oxygène et des traces de métaux (nickel, vanadium). Selon les proportions, le brut est fluide et clair ou visqueux et noir, et il donne au raffinage plus d'essence ou plus de produits lourds. Il n'existe donc pas un pétrole, mais des centaines de bruts, chacun avec son nom (Brent, WTI, Arab Light, Urals, Bonny Light, Maya…) et son prix.

Les qualités : léger ou lourd, doux ou soufré

Deux critères classent les bruts et fixent leur prix relatif.
CritèreMesureCatégoriesEffet sur le prix
DensitéDegrés API (plus le chiffre est haut, plus le brut est léger ; l'eau est à 10 °API)Léger > 31 °API ; moyen 22 à 31 ; lourd < 22 ; extra-lourd < 10 (Orénoque, sables bitumineux)Un brut léger donne plus d'essence et de gazole : il se vend plus cher
SoufrePourcentage en masseDoux (sweet) < 0,5 % ; soufré (sour) au-delàLe soufre doit être retiré (hydrotraitement) : un brut soufré se vend moins cher
Le Brent (38 °API, 0,4 % de soufre) et le WTI (40 °API, 0,2 %) sont légers et doux, d'où leur rôle de référence ; l'Arab Light saoudien est moyen et soufré (33 °API, 1,8 %), l'Urals russe aussi (31 °API, 1,5 %), le Maya mexicain lourd et très soufré (22 °API, 3,4 %). Les écarts de prix entre bruts, de quelques dollars à plus de vingt, dépendent de ces qualités et de la configuration des raffineries qui les achètent. La page Brent ou WTI compare les deux références en détail.

Comment on l'extrait

Un puits foré jusqu'au réservoir laisse d'abord remonter le pétrole sous la pression du gisement (récupération primaire, 10 à 20 % du pétrole en place). On injecte ensuite de l'eau ou du gaz pour maintenir la pression (récupération secondaire, jusqu'à 30-40 %), puis parfois de la vapeur, des polymères ou du CO₂ (récupération tertiaire). En moyenne, les deux tiers du pétrole d'un gisement restent sous terre. Les gisements se trouvent à terre (Moyen-Orient, Russie, Texas), en mer peu profonde (mer du Nord, golfe Persique) ou en eaux très profondes (Brésil, golfe du Mexique, Guyana, à plus de 2 000 mètres d'eau). Le coût d'extraction va de moins de 10 dollars le baril en Arabie saoudite à plus de 60 dollars pour les sables bitumineux canadiens, ce qui fonde la hiérarchie des pays producteurs et le rôle des réserves.

À quoi il sert

Le pétrole brut ne s'utilise presque jamais tel quel : le raffinage le sépare en produits. Dans le monde, environ 60 % de la consommation va aux transports (essence, gazole, kérosène, fioul de soute), 15 % à la pétrochimie (plastiques, engrais, textiles, médicaments, via le naphta et le GPL), le reste au chauffage, à l'industrie, au bitume des routes et aux lubrifiants. En France, plus des deux tiers du pétrole consommé partent dans les transports, et le pays consomme environ 1,4 million de barils par jour, soit un peu moins de 2 % du total mondial.

Les chiffres clés

  • Production et consommation mondiales : un peu plus de 100 millions de barils par jour, soit environ 16 milliards de litres ou 4,5 milliards de tonnes par an.
  • Part dans l'énergie primaire mondiale : environ 30 %, devant le charbon (26 %) et le gaz (23 %) ; les énergies fossiles ensemble dépassent 80 % (voir énergie fossile).
  • Réserves prouvées : environ 1 700 milliards de barils, une cinquantaine d'années de production au rythme actuel.
  • Unités : le baril de 158,987 litres, la tonne (≈ 7,33 barils), le million de barils par jour (Mb/j). Voir baril en litres.
  • Émissions : la combustion d'un litre d'essence émet environ 2,3 kg de CO₂, d'un litre de gazole 2,6 kg ; le pétrole représente environ un tiers des émissions mondiales de CO₂ liées à l'énergie.

Une courte histoire

Connu depuis l'Antiquité sous forme de bitume et de suintements, le pétrole devient une industrie en 1859 avec le puits d'Edwin Drake à Titusville, en Pennsylvanie, pour fournir du pétrole lampant à l'éclairage. L'automobile lui donne son débouché au XXᵉ siècle ; les découvertes du Moyen-Orient (Iran 1908, Irak 1927, Arabie saoudite 1938) déplacent le centre de gravité de la production ; les chocs pétroliers de 1973 et 1979 en font une arme politique et un sujet d'économie mondiale ; le pétrole de schiste ramène, après 2010, les États-Unis au premier rang. La question du pic pétrolier a changé de sens : on ne redoute plus de manquer de pétrole, on cherche à en consommer moins.

Le pétrole dans la vie quotidienne

Un Français consomme en moyenne un peu plus de deux litres de produits pétroliers par jour, dont les deux tiers en carburants. Mais le pétrole est aussi dans les objets : un pneu, une veste polaire, un emballage alimentaire, une peinture, un médicament, une route. La pétrochimie transforme environ 15 % du brut mondial en plastiques, fibres, solvants, engrais et détergents ; le bitume des chaussées et les lubrifiants des moteurs en consomment quelques pour cent de plus. C'est ce qui rend la demande de pétrole si difficile à faire baisser vite, même quand le prix monte, et ce qui explique que l'OPEP+ parie sur la pétrochimie pour la croissance future.

Le pétrole dans la vie quotidienne

Un Français consomme en moyenne un peu plus de deux litres de produits pétroliers par jour, dont les deux tiers en carburants. Mais le pétrole est aussi dans les objets : un pneu, une veste polaire, un emballage alimentaire, une peinture, un médicament, une route. La pétrochimie transforme environ 15 % du brut mondial en plastiques, fibres, solvants, engrais et détergents ; le bitume des chaussées et les lubrifiants des moteurs en consomment quelques pour cent de plus. C'est ce qui rend la demande de pétrole si difficile à faire baisser vite, même quand le prix monte, et ce qui explique que l'OPEP+ parie sur la pétrochimie pour la croissance future.

Le pétrole dans la vie quotidienne

Un Français consomme en moyenne un peu plus de deux litres de produits pétroliers par jour, dont les deux tiers en carburants. Mais le pétrole est aussi dans les objets : un pneu, une veste polaire, un emballage alimentaire, une peinture, un médicament, une route. La pétrochimie transforme environ 15 % du brut mondial en plastiques, fibres, solvants, engrais et détergents ; le bitume des chaussées et les lubrifiants des moteurs en consomment quelques pour cent de plus. C'est ce qui rend la demande de pétrole si difficile à faire baisser vite, même quand le prix monte, et ce qui explique que l'OPEP+ parie sur la pétrochimie pour la croissance future.

Les grandes familles de bruts et leurs prix

BrutOrigineDensité (°API)SoufrePrix par rapport au Brent
WTIÉtats-Unis (Cushing)≈ 400,2 %Quelques dollars en dessous (logistique)
BrentMer du Nord≈ 380,4 %Référence
Bonny LightNigeria≈ 350,15 %Proche du Brent, parfois au-dessus
Arab LightArabie saoudite≈ 331,8 %Quelques dollars en dessous
UralsRussie≈ 311,5 %Décote forte depuis 2022 (sanctions)
MayaMexique≈ 223,4 %10 à 20 dollars en dessous
Western Canadian SelectCanada (sables)≈ 203,5 %Décote de 10 à 25 dollars
Les écarts ci-dessus sont des ordres de grandeur : ils varient avec la demande des raffineries, les coûts de fret et, pour l'Urals, les sanctions. Un raffineur complexe, capable de traiter des bruts lourds, achète les décotes ; un raffineur simple paie la prime des bruts légers. C'est pourquoi le même baril n'a pas le même prix à Rotterdam, à Houston et à Singapour, et pourquoi deux références suffisent pour suivre le marché.

Pour aller plus loin

Les pages de ce dossier détaillent les hydrocarbures, la place du pétrole parmi les énergies fossiles, le raffinage et le pic pétrolier. Pour le prix, le cours du jour, le prix du baril et le dossier marché du pétrole.

Les pages de ce dossier

Questions fréquentes

Comment le pétrole s'est-il formé ?

Par la transformation lente de plancton marin enfoui dans des sédiments pauvres en oxygène : chauffé entre 60 et 120 °C sous plusieurs kilomètres de roches, pendant des millions d'années, il est devenu kérogène puis pétrole, qui a migré jusqu'à des roches poreuses piégées sous une couche imperméable.

Le pétrole est-il une énergie renouvelable ?

Non : il se forme sur des millions d'années et l'humanité en consomme en un siècle ce que la nature a mis des dizaines de millions d'années à produire. C'est une énergie fossile, comme le charbon et le gaz naturel.

Pourquoi tous les pétroles n'ont-ils pas le même prix ?

Parce que leur densité et leur teneur en soufre diffèrent : un brut léger et doux comme le Brent donne plus d'essence et de gazole avec moins de traitement qu'un brut lourd et soufré, et se vend donc plus cher. Les coûts de transport jusqu'aux raffineries jouent aussi.

Quelle quantité de pétrole le monde consomme-t-il ?

Un peu plus de 100 millions de barils par jour, soit environ 16 milliards de litres par jour ou 4,5 milliards de tonnes par an. Les États-Unis en consomment un cinquième, la Chine un sixième, la France moins de 2 %.